L'ulcère chez le cheval
15.10.2026 -
Le syndrome des ulcères gastriques équins (ou EGUS) fait partie des pathologies digestives les plus communes chez le cheval de sport et le cheval de course. Chez les chevaux adultes, entre 60 et 90 % des individus présentent un ou plusieurs ulcères au cours de leur vie, impactant leur bien-être et leurs performances sportives.
HORSE UP vous propose de faire un point sur cette pathologie et d’étudier les solutions pour limiter son apparition.
I. Le syndrome des ulcères gastriques
1.1. Anatomie de l’estomac et définitions
Le syndrome des ulcères gastriques équins ou EGUS (Equine Gastric Ulcer Syndrome) correspond à une plaie plus ou moins profonde de la muqueuse de l’œsophage, de l’estomac ou du duodénum (première partie de l’intestin grêle). L’augmentation de l’acidité de l’estomac favorise l’apparition de plaies.
On distingue deux parties dans l’estomac du cheval (cf. schéma ci-dessous) :
- La muqueuse squameuse : c’est la partie supérieure (ou proximale) de l’estomac, plutôt de couleur blanchâtre et qui occupe environ 1/3 de l’organe. Elle est formée d’une muqueuse squameuse non protégée par le mucus protecteur.
- La muqueuse glandulaire : elle correspond à la partie inférieure de l’organe. La muqueuse de cette région est composée de plusieurs glandes gastriques et de cellules sécrétrices de mucus et bicarbonate. Certaines de ces glandes gastriques produisent de l’acide chlorhydrique ou du pepsinogène qui permettent soit la digestion des aliments, soit la diminution du pH de l’estomac.
Ces deux zones sont délimitées par le margo-plicatus.
Schéma 1 : Schéma simplifié de l’anatomie de l’estomac du cheval (source : IFCE)
La région glandulaire possède plusieurs systèmes de protection face à l’acidité de l’estomac.
La sécrétion de bicarbonate et de mucus créée une barrière protectrice sur la paroi. Cette région possède également un renouvellement cellulaire rapide et une vascularisation importante permettant l’apport de substances nutritives, d’oxygène et de facteurs de réparation de la paroi.
A contrario, la région squameuse n’est pas protégée. Les cellules qui la forme sont donc sensibles au contenu acide de l’estomac.
1.2. L’apparition des ulcères et types d’ulcères
Un ulcère peut apparaître dans n’importe quelle zone de l’estomac même si la majorité des ulcères se trouve sur la ligne margo-plicatus ou dans la région squameuse non protégée.
Dans la région squameuse, le pH du contenu gastrique de l’estomac qui se trouve est plus élevé que dans le reste de l’estomac. En conditions normales, cette muqueuse n’est pas exposée à un pH inférieur à 4, à l’inverse, les cellules de la zone glandulaire sont exposées à un pH moyen de 2 ou 4 en fonction de la zone.
Lors de la digestion des aliments, l’acide chlorhydrique produit par l’estomac acidifie le contenu de l’estomac. Lorsque la salive et le mucus ne suffisent plus à tamponner cette acidité, le risque d’ulcères augmente.
Plusieurs phases dans l’apparition des lésions sont observées. Tout commence par une inflammation localisée, appelée érythème, ou un épaississement des cellules de la muqueuse squameuse, appelé hyperkératose, sans rupture de l’épithélium. Les lésions peuvent aller jusqu’à l’érosion des cellules si le suc gastrique continue d’attaquer les cellules endommagées. L’ulcère correspond au dernier stade de l’EGUS, c’est-à-dire lorsque la plaie atteint le tissu conjonctif qui se trouve sous les cellules épithéliales de la muqueuse.
L’EGUS regroupent plusieurs types de lésions, en fonction de leur localisation :
- Les lésions squameuses primaires : majoritairement présentes chez le cheval adulte, dans la région squameuse de l’estomac. L’âge, le sexe ou la race n’ont pas d’impact sur ces lésions.
- Les lésions squameuses secondaires : généralement observées chez le poulain à la suite d’une pathologie ulcéreuse gastro-duodénale (poulain sous la mère ou poulain juste sevré)
- Les lésions glandulaires : globalement présentes par suite d'un dysfonctionnement des mécanismes de protection ou d’une altération de la muqueuse glandulaire. Elles sont dues à la toxicité des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).
- Les lésions primaires de la muqueuse glandulaire cardiale : présentes chez le nouveau-né, sous le margo-plicatus, à la suite d’un stress intense (ex : traumatisme, affection sévère)
Les lésions principalement rencontrées chez le cheval adulte de course ou de sport sont des lésions squameuses. Au sein de ces lésions squameuses, on distingue quatre grades d’ulcères, selon la sévérité des lésions (cf. Tableau 1).
Tableau 1 : Grille de notation des ulcères gastro-intestinaux chez le cheval (source ; Marguet, C. 2009)
II. Les causes et les symptômes du syndrome des ulcères gastriques équins
60 à 90 % des chevaux adultes et 20 à 50 % des poulains sont touchés par des ulcères gastriques au moins une fois au cours de leur vie. Cette prévalence est indépendante de la race ou de l’âge des chevaux. Concernant les lésions ulcéreuses squameuses primaires, il existe toutefois des facteurs prédisposants comme l’alimentation et l’exercice.
Les 4 principaux facteurs de l’apparition d’ulcères sont les suivants :
- Le travail intensif et l’entraînement : la prévalence d’ulcère varie selon l’activité pratiquée. Selon plusieurs études, la prévalence des ulcères chez le cheval de course pur-sang peut aller jusqu’à 93 % et jusqu’à 65 % pour un cheval de CSO, contre 3 % chez le cheval au pâturage et au repos. En effet, pendant l’effort, les contractions et la pression physique sur l’estomac provoquent une mise en contact de la muqueuse squameuse et du contenu digestif acide entraînant une augmentation du risque de lésion. Il est démontré que les chevaux à l’entraînement produisent une quantité d’acide chlorhydrique plus importante, acidifiant ainsi le contenu de l’estomac.
- L’alimentation : l’alimentation distribuée au cheval athlète apporte souvent des grandes quantités de glucides fermentescibles, particulièrement présentes dans les céréales. Une alimentation trop riche en glucides, rapidement fermentescibles, acidifie le pH gastrique et favorise la formation d’ulcères. Le faible apport, ou une distribution déséquilibrée de rations en fibres, prolonge le temps de séjour de l’aliment dans l’estomac et l’exposition de la muqueuse squameuse au suc gastrique. Le mode de distribution de l’aliment est aussi un facteur de risque important (peu de fractionnement de l’alimentation concentrée, période de jeûne entre les repas notamment chez les chevaux en box, etc.) peut faire chuter fortement le pH gastrique. Enfin, un changement trop brutal ou trop fréquent de ration favorise aussi l’apparition de lésions.
- Les médicaments : une distribution prolongée d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) favorise l’apparition des ulcères, réduisant la production de mucus par l’estomac (apparition de lésions glandulaires).
- Le stress et les perturbations environnementales : ils sont des facteurs aggravants connus dans la prévalence des ulcères. Les plus connus sont les transports, l’arrivée sur des lieux inconnus, le sevrage, etc.
Les symptômes des ulcères avec lésions squameuses primaires présentent plusieurs signes cliniques reconnaissables, même s’ils peuvent être très discrets :
- Inconfort abdominal et changement anormal dans l’appétit (tri, prise alimentaire lente, etc.),
- Diminution de l’abreuvement,
- Forme légère de coliques après les repas,
- Perte d’état général (qualité du poil, amaigrissement, etc.),
- Baisse de performances et intolérance à l’effort,
- Changement de comportement (perte d’enthousiasme, etc.),
- Bâillements répétés.
Pour les formes de lésions aiguës, les chevaux peuvent présenter des signes cliniques associés à la douleur, notamment lors des stimulations mécaniques de la muqueuse atteinte (prise alimentaire, pression intra-abdominale de l’équipement notamment la sangle, etc.).
Les ulcères représentent une pathologie souvent sous-diagnostiquée car certains animaux peuvent n’exprimer aucun symptôme clinique en étant tout de même atteints.
III. Traitement et prévention de l’ulcère chez le cheval
3.1. Le traitement des lésions
L’objectif d’un traitement vétérinaire est de stopper les signes cliniques et de favoriser la cicatrisation. Le traitement principal des ulcères passe par la distribution d’inhibiteurs de la pompe à protons (lansoprazole, oméprazole). Cela permet de stopper la sécrétion d’acide chlorhydrique pour diminuer l’acidité de l’estomac et protéger la muqueuse.
Pour accélérer la cicatrisation et améliorer le confort de votre cheval, le vétérinaire peut conseiller d’utiliser des pansements gastriques et des compléments alimentaires reconnus pour leur rôle sur le confort gastrique (pré et probiotiques, pectine, bicarbonate de sodium, argile, aloe vera, etc.). Les mesures expliquées dans le paragraphe suivant (paragraphe 3.2) peuvent être mises en place à la suite du traitement afin de limiter la récidive des lésions.
Les ulcères de la zone glandulaire restent toutefois compliqués à traiter. Il a été démontré qu’un apport en bactéries vivantes contribue à la réduction de la gravité et limite le développement des pathogènes au niveau des lésions.
3.2. LA PREVENTION DE L'EGUS
Afin de limiter au maximum le développement de cette pathologie, la prévention des ulcères doit être mise en place au quotidien, surtout chez le cheval athlète, plus sensible du fait de son entraînement intensif.
- Apporter une ration adaptée : privilégier l’apport de fibres chez les chevaux sensibles. L’apport de céréales chez le cheval athlète est souvent incontournable mais l’amidon doit être maitrisé et les repas fractionnés. Il est conseillé de ne pas excéder 100 g d’amidon pour 100 kg de poids vif par repas. Chez les chevaux très sensibles, il est recommandé de limiter les rations apportant de l’amidon très digeste en grande quantité (avoine, flocons de céréales, etc.), le seuil maximal de 50 g d’amidon par 100 kg de poids vif et par repas doit être respecté. En revanche, l’apport de matières grasses est connu pour limiter l’apparition d’ulcères. La luzerne possède un fort pouvoir tampon utile dans la gestion de cette pathologie.
- Limiter les périodes de jeûne alimentaire : chez les chevaux sensibles, le meilleur moyen pour les limiter au maximum est de distribuer du foin à volonté au cours de la journée. En effet, dans la nature, le cheval passe près de 16 heures à brouter et n’est donc jamais à jeun. Il faut veiller à ne pas excéder 2 h de jeun pour respecter son fonctionnement digestif.
- Fractionner les repas : plus les repas seront fractionnés, plus le temps de séjour sera court et plus la production d’acide chlorhydrique sera contrôlée. Par ailleurs, fractionner l’alimentation permet de diminuer le volume de l’aliment et de raccourcir le temps de séjour de l’aliment dans l’estomac limitant ainsi l’exposition prolongée au suc gastrique acide. Nous conseillons un minimum de 3 repas de concentré par jour pour des chevaux athlètes, voir 4 repas en cas de sensibilité gastrique importante.
- Au cours de l’effort, protéger la muqueuse de l’estomac : la distribution de fourrages avant le travail ou une échéance sportive, permet d’augmenter la production de salive et de tamponner le suc gastrique. Des compléments alimentaires formulés pour le confort gastrique ou des pansements gastriques (sous forme de pâte ou de gel) peuvent être distribués juste avant l’effort pour amplifier cette protection.
- Gérer et limiter les expositions aux situations stressantes
Le tableau ci-dessous récapitule les différents facteurs (limitants et aggravants) impactant la prévalence d’ulcères de lésions de la muqueuse squameuse.

Tableau 2 : Synthèse des facteurs de risques de lésions de la muqueuse squameuse
IV. Nos produits HORSE UP pour la gestion des ulcères
UP CARE : destiné aux chevaux sujets aux ulcères et aux myosites
UP CARE est un aliment complémentaire de fourrages qui convient aux chevaux sujets aux myosites, ulcères, allergies alimentaires et aux céréales, problèmes digestifs.
CARE FIBRE : favorise une bonne santé digestive
CARE FIBRE est un aliment fibreux, complémentaire de fourrages, idéal pour complémenter les rations des chevaux sujets aux troubles digestifs, respiratoires ou ayant du mal à prendre de l’état corporel.
XTREM FIBRE : destiné à favoriser la santé digestive des chevaux athlètes
XTREM FIBRE est un aliment fibreux, complémentaire de fourrages, formulé pour les chevaux athlètes et idéal pour les chevaux sujets aux troubles digestifs.
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Sources
Martin-Rosset, W. et coord. 2012. Alimentation des chevaux. Paris : Editions Quae.
NRC (Comittee on Nutrient Requirements of Hors), 2007. Nutrient Requirement of Horses : Sixth Revised Edition. 6ème edition. Washington, D.C. : The National Academies Press.
Tamzali Y. 2011. Les ulcères gastriques « EGUS », DMV, PhD, Dipl. ECEIM, Médecine Interne Équine Clinique Équine, École Nationale Vétérinaire de Toulouse.
Delerue, M. et al. 2020. Les ulcères gastriques. [article en ligne].
Andrews, F.M. et al. 2017. Nutritional management of gastric ulceration. Equine Vet. Educ., 29(1) : 45-55.
Couroucé-Malblanc, A. et Desbrosse, F. 2010. Maladies des chevaux, 2ème édition. Guides France Agricole.
Marguet, C. 2009. Etude de prévalence des ulcères gastriques chez le cheval d’endurance. Médecine vétérinaire et santé animale. École Nationale Vétérinaire de Toulouse.


