L'alimentation du cheval en période de concours

25.05.2022 -

 1. L'alimentation avant le concours

1.1. La ration initiale

 Différents constituants doivent être intégrés à la ration journalière : 

  • Les fibres sont le composant essentiel de la ration et sont nécessaires au bon fonctionnement de son système digestif. Elles apportent la majorité de calories nécessaire à l’animal par le biais de la digestion microbienne dans le gros intestin. Cependant, chez les chevaux ayant une activité intense, ce sont les glucides solubles tels que l'amidon et les matières grasses qui fournissent l'énergie nécessaire aux épreuves sportives.
  • Les glucides sont digérés bien plus rapidement que les fibres ce qui en fait une source d’énergie disponible aisément. L’amidon, en quantité contrôlée, permet au cheval d’avoir recours à deux sources d’énergie. Une partie de l’amidon est utilisable directement sous forme de glucose et une partie est stockée comme réserve d’énergie sous forme de glycogène dans le foie et les muscles. Attention cependant à ne pas avoir d’excédent d’amidon important dans l’alimentation pourrait être à l’origine de problèmes métaboliques tels que les coliques ou les fourbures et myosites. 
  • Les lipides représentent une autre source énergétique de l’alimentation. Lors d’un effort majeur comme la compétition, le cheval va d’abord utiliser l’énergie apportée par le glucose et le glycogène musculaire, une fois ces réserves épuisées, il va utiliser ses réserves graisseuses. Afin d’éviter de piocher dans les réserves glucidiques qui sont utilisées pour les efforts de courte durée (ex : concours CSO, courses etc.…) et ne pas impacter négativement les performances du cheval, il est nécessaire d’avoir des matières grasses dans la ration lors de l’entraînement et la préparation à la compétition. Les lipides dans le régime alimentaire permettront au cheval de les utiliser comme substrat énergétique lors des entraînements et ainsi de préserver les réserves glucidiques intactes et disponibles pour le jour du concours.
  •  Les protéines ne doivent pas non plus être négligées. Elles vont, jusqu’à un seuil maximal, permettre le développement des muscles, des os et des différents tissus du cheval. Ce sont les briques nécessaires à la construction des tissus du cheval.

 

Pour permettre à son cheval d’avoir des performances optimales, il est donc recommandé de distribuer une ration à base : 

  • De fourrages de bonne qualité et en quantité (1,5 à 2% de son poids vif en fourrage par jour)
  • D'un aliment complémentaire contenant les composants essentiels cités ci-dessus et adapté au type d'effort à fournir. Si besoin, demandez conseil à votre nutritionniste.

 

A noter : il est crucial de contrôlée la ration de votre cheval pour ne pas la déséquilibrer et créer des excès de protéines ou d’amidon par exemple, néfastes à sa santé. 

 

Si un changement dans l’alimentation du cheval de sport doit être fait, il doit se prévoir plusieurs semaines avant la compétition pour permettre au système digestif de s’adapter.  

Il est également préférable de faire une transition progressive entre les deux rations sur une période minimale de 5 jours. 

 

1.2. La supplémentation pour couvrir les besoins spécifiques

 
Un cheval de sport peut avoir des besoins en minéraux, oligo-éléments et vitamines supplémentaires par rapport à un cheval à l’entretien.  

Certains de ces minéraux et oligo-éléments et vitamines doivent être apportés par la ration pour subvenir aux besoins de l’animal. Ci-dessous, voici ceux ayant un rôle majeur chez l’athlète et qui doivent être apporté par l’alimentation : 

  • Le magnésium est un minéral crucial chez le cheval de sport puisqu’il participe au bon fonctionnement du système neuro-musculaire et ostéoarticulaire mais aussi au métabolisme des glucides, des lipides et des protides. Pour un cheval de 500 kg, la dose recommandée est de 10 g/jour et jusqu’à 20 g/jour pour les chevaux en travail intensif. 
  • Le fer est également essentiel à l’effort musculaire, en particulier par son rôle dans la composition de l’hémoglobine. La dose recommandée est de 40 à 50 mg/kg de matière sèche/jour. 
  • La vitamine E joue un rôle important chez le cheval athlète par son rôle d’anti-oxydant majeur qui contribue au maintien de l’intégrité musculaire. Les besoins en vitamine E augmentent lorsque le travail s’intensifie. 
  • La vitamine K est à surveiller chez le cheval au travail intensif car le travail peut fragiliser la flore digestive et donc la synthèse microbienne de cette vitamine. Il est recommandé de complémenter son cheval de 2-3 mg/100 kg de poids vif pour éviter ce phénomène.  
  • La vitamine C par ses fonctions de formation des globules rouges et d’absorption du fer contenu dans l’alimentation doit aussi être supplémenté chez les chevaux en entraînement intensif. On lui préféra des formes protégées car elle est très sensible à l’oxydation. 

 

Il faut toutefois maitriser les apports de ces composants, afin d’éviter les excès et les carences tout aussi néfaste pour l’animal et ses performances sportives. 

 

2. L'alimentation pendant le concours

Les jours précédents la compétition et jusqu’à la veille de celle-ci, il est conseillé de ne rien changer aux habitudes alimentairesConservez le même régime et les mêmes modalités de distribution pour ne pas déstabiliser l’appareil digestif et prévenir des troubles comme les coliques ou les coups de sang. 

 

Peu importe le type d’épreuve sportive, il est recommandé de nourrir son cheval en quantités contrôlées et de lui laisser à disposition de l’eau tout au long de l’évènement.Il est conseillé de distribuer le dernier repas plus de 3 heures avant la compétition, pour ne pas impacter négativement les performances. Attention cependant à ne pas mettre son cheval à jeun avant une épreuve, le foin doit donc être laissé à disposition. 

 

Dans le cas d'efforts longs comme les épreuves d’endurance ou les concours complet, il peut être nécessaire d’apporter de l’énergie immédiatement disponible au cheval en soutient durant l’effort physique, en particulier pendant les haltes sur la course. A ces moments-là, il est préconisé de donner des aliments hautement digestibles afin d’augmenter les réserves énergétiques directement utilisables tout en contrôlant les quantités apportées (pas plus de 1kg). 

 

3. Après le concours, favoriser la récupération

 

Suite à un effort intense, il est nécessaire de compenser la perte en eau et en électrolytes. Vous pouvez le complémenter en ajoutant des électrolytes à la ration afin de reconstituer le stock en sels minéraux. N’oubliez pas de laisser à disposition du cheval de l’eau claire. 

 

Pour soutenir la récupération, il est aussi possible de donner un mash à la fin d’une compétition. Il permet de réhydrater le cheval et de reconstituer ses réserves, car il est très digestible. 

Distribuez le soir après le retour de la compétition, en remplacement de la ration habituelle.  

Nous vous proposons une sélection d’aliments, adaptés au chevaux de sportet à leur entraînement, en fonction du type d’effort :  

 

 

 

 

Sources : 

Sorge, M. Feeding your horse to perform. The Horse, 2011. [article en ligne] www.thehorse.com/print-article/28107  

Oke, S. Supplementation strategies for performance horses. The Horse, 2012. [article en ligne] www.thehorse.com/print-article/28508  

Martin-Rosset, W. et coord. 2012. Alimentation des chevaux. Paris : Editions Quae. 

NRC (Comittee on Nutrient Requirements of Hors), 2007. Nutrient Requirement of Horses : Sixth Revised Edition. 6ème edition. Washington, D.C. : The National Academies Press. 

Wolter, R. 1999. Alimentation du cheval. 2ème édition. Paris : Editions France Agricole.